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Quel avenir pour le monde du travail à l’ère post Covid ?

Digitalisation, flex office, télétravail partiel ou total, freelancing… Les nouveaux enjeux seraient-ils en train d’abolir le rapport sacrificiel au travail, le sacro-saint CDI et la hiérarchie verticale ? Un nouveau modèle hybride voit le jour, en partie leadé par une jeunesse désireuse de participer au “future of work”, de suivre sa propre route et de creuser son propre chemin. Explications.

Quelle flexibilité pour le monde du travail à l’ère post Covid ? 

Digitalisation, flex office, télétravail partiel ou total, freelancing… Les nouveaux enjeux seraient-ils en train d’abolir le rapport sacrificiel au travail, le sacro-saint CDI et la hiérarchie verticale ? Un nouveau modèle hybride voit le jour, en partie leadé par une jeunesse désireuse de participer au “future of work”, de suivre sa propre route et de creuser son propre chemin. Explications. 

La crise COVID : un basculement du rapport et des modes de travail 

Imaginer le futur en entreprise, adapter les outils à distance, repenser les échanges sociaux et faire le pari du remote : ainsi soit le challenge auquel les PME, les GTI et les GE sont désormais confrontées depuis le début de la crise sanitaire, en mars 2020. Un retournement de situation qui a pris bien des sociétés au dépourvu, les forçant à s'adapter en un temps record. 

Pour autant, ce hold-up sociétal et professionnel a du bon, autant pour les entreprises que pour les employés. Derrière ce constat, tout un tas de professions doivent se réinventer pour permettre à leurs collaborateurs de concevoir leur quotidien au travail dans les meilleures conditions. À Y+1, quel est le bilan ? 

L’ère du télétravail : comment le full remote a remplacé le présentiel

Avant mars 2020, le télétravail était loin de représenter la norme. Bien à l’inverse, il existait mais à moindre niveau. D’ailleurs, fréquemment vu d’un mauvais œil par les managers pour qui la confiance était ou est difficile à accorder. Un constat à priori édifiant quand on sait que près de 20% de la main-d'œuvre (1) pourrait travailler à domicile 3 à 5 jours par semaine, sans pour autant perdre en efficacité. 

D’après le sondage Baromètre RH, 61% des employés (2) déclarent justement ne plus pouvoir imaginer le travail comme il l’était avant la crise sanitaire, sans pour autant poursuivre sur du 100% télétravail. Les entreprises prennent alors le chemin d’un nouveau modèle hybride, plus adapté aux nouveaux enjeux. Le remote en temps partiel serait la clé d’une nouvelle ère professionnelle, à mi-chemin entre indépendance et vie sociale au travail. 

Les limites du full-remote 

Si le full remote a de très nombreux avantages : réveil plus tardif, la fin des transports en commun, plages horaires plus libres, indépendance, limitation du stress par rapport à l’ambiance de travail, il arrive aussi avec son lot de moins bonnes nouvelles. 

Les professions pour qui le full-remote était impossible (professions manuelles, livraisons, productions à la chaînes) ont été confrontées au chômage partiel sur des durées indéterminées, creusant à nouveau les inégalités sociales sur des salaires déjà au rabais. 

Autre constat : un lien social abîmé par des échanges limités avec les collègues ou l’entourage professionnel. 

La transition vers le flex-office en entreprise 

Pour s’adapter, proposer de meilleures conditions de travail et relancer le lien social, les entreprises délaissent leurs bureaux historiques au profit de plus petites structures : coûts réduits, meilleure gestion humaine, meilleure gestion vie pro/vie perso, nouveaux espaces de convivialité, meilleure localisation. On parle de flex-office : un bureau pour plusieurs employés qui tournent au fil de la semaine sur des jours attitrés. Un moyen de remettre la culture d’entreprise et les échanges sociaux au cœur des motivations et du travail, même si pour 77% des sociétés, la réduction des coûts est la première motivation vers la transition flexible. 

⅓ des entreprises en flex office déçues par la transition

Toutefois, d’après un sondage Deskeo (3), le leader de la location de bureau flexibles en France, rappelle l’importance de préparer la transition vers le flex-office. Jusqu’alors, seulement 34% des entreprises qui ont opté pour la transition des bureaux flexibles se disent satisfaites, notamment à cause d’une mauvaise préparation en amont : organisation mal ficelée, bureaux manquants, intérêts des salariés peu considérés… 

Le pari de la digitalisation en entreprise 

La crise sanitaire, au diapason des différents confinements et couvre-feu a permis aux salariés de revoir leur positionnement par rapport à leur entreprise. Pour rappel, 61% d’entre eux estiment que le retour à la “vie d’avant” est impensable. Ces derniers ne souhaitent pas revenir au full-présentiel “à l’ancienne” mais plutôt combiner le présentiel et le distanciel à parts égales. 

Pour permettre la transition, un enjeux : la digitalisation du monde mais aussi des relations socio-professionnelles. Pour permettre aux plus petites structures de prendre le tournant, l’État avait justement proposé une aide au digital pouvant atteindre 500 euros, prolongée jusqu’au 30 juin 2021. Un premier appui pour espérer faire prospérer la santé de son entreprise, atteindre sa maturité digitale et rester concurentiel. 

Un avenir socio-professionnel plus indépendant 

La proposition d’un contrat stable est de moins en moins recherchée. À l’inverse, la nouvelle génération a envie de se focaliser et de pérenniser un avenir professionnel sans frontière, à mi-chemin entre sécurité et indépendance. Un seul mojo : s’épanouir au travail. Oui mais comment ?  

Un avenir tourné vers le slashing (= multi jobs)

Combiner les emplois pour trouver du sens dans sa vie pro, c’est la nouvelle tendance professionnelle à prendre en compte. Un bon moyen de se stabiliser sur une durée déterminée avec un cdd/cdi tout en s’épanouissant avec des missions à risques en freelance ou monter un projet qui trotte dans la tête depuis des années. En bref, revoir son intitulé de post en ajoutant plusieurs cordes à son arc serait la clé d’un équilibre global (4)

La montée du freelancing 

Le CDI n’est plus le graal. S’il reste encore malgré tout très démocratisé, dans les mœurs et dans les institutions financières (location ou achat immo, demande de prêt en banque ou courtier…) les plus jeunes et les nouvelles générations veulent trouver du sens dans leur job. D’où le principe de la liberté : choix des missions (accepter ou refuser à sa guise), pricing justifié, mettre un terme au contrat quand on le souhaite, flexibilité et indépendance dans les horaires, travail à domicile ou coworking. Mieux encore, le freelance peut devenir digital nomad et travailler des 4 coins du monde. 


Pour autant, précarité et difficulté sont la norme. La stabilité met du temps à s’acquérir. Le freelance vit en constante négociation avec ses clients. Les pricings sont souvent négociés ou re-négociés par les clients, les charges et impôts restent importants même sur les petits revenus ( à l’inverse d’un taux à 0% en dessous d’un certain seuil de revenus bas), le plafond financier instauré par l’État, les difficultés à obtenir un prêt avant une comptabilité stable de 3 ans minimum. Puis, c’est sans compter sur la charge de travail parfois plus intense qu’un contrat CDD ou CDI aux horaires sagement définis. 

Malgré ces difficultés, le freelancing attire de plus en plus. En 2017, on recensait 830 000 freelances en France, soit 10,6% de la population active. D’ailleurs, en 2020, 39% s’imaginent chambouler leur quotidien professionnel d’ici à 5 ans pour devenir freelance contre 22% en 2014. Du côté Outre-Atlantique, la part de freelance atteint 50%. 

D’ailleurs, au sein d’une entreprise, l’introduction de talents permet de rester compétitif vis-à-vis du monde professionnel qui avance à vitesse grand V, tout en outrepassant les prestataires habituels comme les agences, par exemple. Aller chercher des experts en externe c’est le meilleur moyen de challenger les équipes en interne, d’ajouter de nouveaux bras sur les périodes de rush, d’apprendre à déléguer et de garder la main sur la masse salariale. 

Une nouvelle flexibilité au bureau leadée par les jeunes

La nouvelle génération sait ce qu’elle veut et elle ne veut plus être bloquée au travail ou dans un job qui ne lui plait pas. La vision 2021, c’est d’être de plus en plus indépendant. En France, la dernière étude de Welcome to the Jungle (5) avec Ipsos constate que les 18-29 ans sont attachés au travail flexible (66 %). Stop le job à temps -trop- plein, les nouvelles générations veulent pouvoir se dégager du temps pour leurs activités personnelles. 

Les avantages de ce modèle hybride : un nouvel équilibre vie privée/vie pro ou encore la possibilité de poser ses valises en dehors des grandes villes ( moins de pression, économies budgétaires, un meilleur épanouissement au travail…)

Quels sont les enjeux de cette transformation professionnelle et sociétale ? 

  • Revoir l’environnement de travail en adaptant les infrastructures numériques et digitales. Dans le premier trimestre 2020 : la grande majorité des employés en full remote en raison du confinement strict et total. Une décision prise du jour en lendemain qui a poussé les entreprises à s’adapter en un temps record. Pour le coup, impossible de faire les choses à moitié : infrastructures et outils devaient être prêts à suivre la cadence sans être protégés par une structure (équipes dédiées et sur-place). 

  • Comment continuer à attirer et gérer les talents de demain : un enjeux RH (2) en plein boom. Avec le full-remote ou la flexibilité au bureau, difficile de créer du lien ou de se sentir pleinement intégré dans une équipe. D’où l’importance des RH de générer de véritables échanges entre les équipes et le lieu de travail, notamment avec la digitalisation de l’entreprise. Le couple de travail et les échanges socio-professionnels ont une influence sur la motivation du salarié et ne doivent en aucun cas être négligés. 

  • Accroître la culture de la confiance malgré la distance : revoir le management, ouvrir de nouvelles opportunités aux salariés dans les équipes, donner de l’importance, booster l’indépendance dans les différentes missions, faire sentir au salarié qu’il a du poids… 

 

Sources : 

1 -What’s next for remote work: An analysis of 2,000 tasks, 800 jobs, and nine countries

https://www.mckinsey.com/featured-insights/future-of-work/whats-next-for-remote-work-an-analysis-of-2000-tasks-800-jobs-and-nine-countries 2 -  Quels changements à venir dans l’organisation du travail suite à la crise Covid-19 ?

3 - [SONDAGE] Flex office: vers la fin des bureaux attitrés ?

4 - Et si cumuler plusieurs métiers était la clé pour s'épanouir dans sa vie professionnelle ?

5- Welcome to the Jungle dévoile les résultats de son enquête sur les rythmes de travail



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Clémentine Emonoz

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